Régulation des télécommunications : l’ARCEP Gabon porte sa voix à Livingstone
Participation à la réunion du Groupe régional Afrique de la Commission d’études 12 de l’UIT-T (SG12RG-AFR), Livingstone, Zambie, 12 et 15 mai 2026
L’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP) du Gabon a pris une part active à la réunion du Groupe régional Afrique de la Commission d’études 12 de l’UIT-T, tenue à Livingstone, en République de Zambie.
Représentée par M. Didas OLERI, Directeur des Homologations et de la Qualité des Réseaux, l’ARCEP Gabon s’est distingué par deux interventions portant sur la qualité d’expérience des services OTT et sur une approche complémentaire d’évaluation de la couverture radioélectrique fondée sur la distance parcourue.
M. Didas OLERI, lors de son intervention à Livingstone, mai 2026.
Une participation aux travaux africains de normalisation
La rencontre de Livingstone a réuni des régulateurs africains, des opérateurs et des experts internationaux autour des enjeux de qualité de service, de qualité d’expérience et d’adaptation des méthodes de régulation à l’évolution des usages numériques.
Dans ce cadre, l’ARCEP Gabon a porté deux contributions complémentaires, traduisant sa volonté de participer activement aux travaux de normalisation internationale et de faire entendre une voix africaine sur les enjeux de régulation technique.
1. De la QoS traditionnelle à la QoE des services OTT
Lors de la table ronde consacrée aux nouveaux défis de la régulation, M. Didas OLERI a présenté le retour d’expérience de l’ARCEP Gabon sur la mesure de la qualité d’expérience des services Over-The-Top (OTT), à partir de l’audit conduit par l’institution en 2025.
Cette intervention a mis en évidence la place croissante des services OTT dans les usages quotidiens, alors que les indicateurs traditionnellement contrôlés par les régulateurs restent principalement centrés sur les services classiques des opérateurs.
L’ARCEP Gabon a ainsi posé une question centrale : faut-il intégrer les indicateurs de QoE des services OTT dans les obligations des licences des opérateurs mobiles, alors même que ces derniers ne maîtrisent qu’un seul maillon d’une chaîne technique comprenant le terminal, le réseau opérateur, la connectivité internationale et la plateforme OTT ?
L’institution a défendu une approche équilibrée : ne pas transférer directement aux opérateurs la responsabilité de l’ensemble de la QoE OTT, mais enrichir les obligations de qualité de service par des indicateurs réseau orientés OTT relevant effectivement de leur responsabilité, tels que la latence, la gigue, les pertes de paquets et la stabilité de la connexion.
Cette intervention a ouvert un débat régional sur la nécessité d’un socle commun d’indicateurs réglementaires QoE OTT au niveau africain.
2. Reconnaissance d’une approche complémentaire d’évaluation de la couverture
L’ARCEP Gabon a également soumis à la Commission d’études 12 de l’UIT-T la contribution SG12-C118, sollicitant la reconnaissance d’une approche complémentaire d’évaluation de la couverture radioélectrique fondée sur la distance parcourue lors des campagnes de mesures terrain.
Cette proposition ne remet pas en cause les méthodes existantes de la Recommandation UIT-T E.806, fondées notamment sur les drive tests, les walk tests et le traitement statistique des échantillons. Elle vise à les compléter pour les indicateurs de couverture à dimension territoriale.
L’ARCEP Gabon part du constat que le calcul du taux de couverture fondé uniquement sur le rapport entre échantillons conformes et échantillons collectés peut être influencé par les conditions de circulation, les arrêts du véhicule de mesure, le volume d’échantillons généré ou les options de traitement retenues.
L’approche proposée consiste donc à compléter cette lecture statistique par une lecture spatiale, en calculant le taux de couverture comme le rapport entre la distance effectivement couverte et la distance totale mesurée. La distance parcourue devient ainsi une base de référence commune, objective et comparable entre opérateurs.
Cette méthode présente un intérêt particulier pour le contrôle des obligations de couverture territoriale inscrites dans les licences, notamment lorsqu’elles portent sur des axes routiers, des zones rurales ou des territoires faiblement desservis.
L’ARCEP Gabon sollicite ainsi la reconnaissance de cette approche par l’UIT-T, en complément de la Recommandation E.806, sous la forme d’une annexe, d’une recommandation associée ou d’une inscription au programme d’études de la Question 12/12.
Une voix africaine dans la normalisation internationale
À travers ces contributions, l’ARCEP Gabon réaffirme son engagement à participer aux travaux de normalisation de l’UIT-T et à contribuer à l’élaboration de méthodes plus robustes, harmonisées et adaptées aux réalités des marchés africains.

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